Votre adolescent ne va pas bien,
et il ne veut pas en parler.
Cette page s’adresse à vous, pas à lui. Elle reprend, dans l’ordre, les questions que les parents me posent au téléphone avant de prendre rendez-vous.
Vous voyez bien que quelque chose s’est déplacé. Il dort mal, ou beaucoup trop. Il a lâché le sport qu’il aimait. Les notes glissent, les amis se raréfient, la porte de la chambre reste fermée. Vous demandez, il répond « ça va », et la conversation s’arrête là.
Personne ne peut trancher cela depuis un site internet. Ce que je peux faire ici, c’est vous dire comment les choses se passent si vous décidez de m’appeler.
Comment lui proposer sans le braquer
Un adolescent refuse rarement l’aide elle-même. Il refuse ce qu’il croit qu’elle veut dire : qu’il est le problème de la famille, qu’on l’envoie se faire réparer, que ce qu’il dira reviendra à table le soir.
Trois choses aident. Parlez de ce que vous observez, pas de ce que vous en concluez : « je te trouve fatigué depuis Noël et je ne sais pas comment t’aider » passe mieux que « tu as un problème ».
Laissez-lui ensuite du pouvoir sur la décision : choisir le jour, y aller une fois et dire après ce qu’il en pense, savoir qu’il pourra arrêter. Un adolescent qui garde une porte de sortie franchit plus facilement la première.
Enfin, ne l’amenez jamais sans lui avoir dit où il va. Une consultation présentée comme un rendez-vous chez le dentiste coûte la confiance de départ, la mienne comme la vôtre. Mieux vaut un rendez-vous décalé de trois semaines qu’un rendez-vous obtenu par surprise.
Les phrases qui aident et celles qui ferment la porte, en détail : Proposer un psychologue à son enfant sans le braquer.
Est-ce que j’assiste à la séance ?
Non, et ce n’est pas une mise à l’écart. Devant son parent, un adolescent ménage son parent. Il choisit ses mots, il coupe ce qui vous ferait de la peine, il tait ce qui pourrait vous inquiéter. Il vous protège, et c’est plutôt bon signe. Mais un lieu où il édite ce qu’il dit ne sert à rien.
En pratique, le premier rendez-vous commence souvent par un temps court avec vous et lui ensemble : vous dites ce qui vous amène, il entend ce que vous dites de lui, je pose le cadre devant vous deux. Puis je le reçois seul, et les séances suivantes se déroulent seul à seul.
Vous n’êtes pas renvoyé pour autant. Des rendez-vous de parents peuvent être prévus, à condition qu’il le sache et qu’il sache de quoi nous allons parler. Rien ne se décide dans son dos.
Est-ce que vous me direz ce qu’il vous dit ?
Non. Le secret professionnel s’applique aussi quand le patient est mineur, et c’est ce qui rend le lieu utilisable pour lui. Un adolescent qui suppose que le contenu des séances remonte à ses parents ne dira que ce qui peut remonter.
Ce que je vous dis, en revanche : qu’il vient ou qu’il ne vient pas, si le travail avance, ce qui pourrait être ajusté à la maison, si un avis médical me paraît nécessaire. Ce sont des repères, jamais le contenu de ce qu’il me confie.
Le secret connaît des limites fixées par la loi, et je les énonce devant vous deux à la première séance. S’il existe un danger grave pour lui ou pour un autre, ou une situation de maltraitance, je ne me tais pas. Je le lui dis à lui d’abord : il apprend ce que je vais faire avant que je le fasse.
Ce que couvre le secret professionnel, ses limites légales et le code de déontologie des psychologues : Cadre, secret professionnel et déontologie.
Faut-il l’accord des deux parents ?
Oui, quand l’autorité parentale est exercée en commun, ce qui reste le cas le plus fréquent, y compris après une séparation. Commencer un suivi psychologique concerne les deux titulaires de l’autorité parentale, pas seulement celui qui prend le rendez-vous.
En pratique, cela se règle simplement. Je demande que l’autre parent soit informé et donne son accord par écrit : un courriel de sa part suffit le plus souvent, et je vous indique quoi y faire figurer.
Si l’autre parent est hostile à la démarche ou difficile à joindre, dites-le-moi avant le premier rendez-vous. Un suivi mené en cachette d’un parent finit par se savoir, et il se retourne contre l’adolescent, qui porte alors un secret de plus. Si une décision de justice organise la situation, apportez le document.
Ces règles relèvent du droit de la famille et peuvent évoluer : vérifiez les conditions applicables au moment où vous lisez cette page, et parlons-en avant de fixer la première séance.
Et s’il refuse de venir
Un refus n’est pas la fin de l’histoire, et le forcer n’est pas la solution. Un adolescent traîné jusqu’au fauteuil s’y assoit bras croisés, et il a raison de le faire.
Dans ce cas, venez seul. Un parent peut consulter sans son enfant, et ce n’est pas un lot de consolation : c’est une consultation à part entière. Nous regardons ce que vous observez, depuis quand, et ce qui a déjà été tenté. Vous repartez avec des repères sur ce qui aide et ce qui envenime, sur les signes qui doivent conduire à consulter un médecin, et sur la manière de rouvrir la conversation.
Il arrive qu’un adolescent accepte de venir quelques semaines plus tard, non parce qu’on a insisté, mais parce que la température de la maison a changé. Un rendez-vous de parents est au tarif d’une séance ordinaire.
Sur le silence lui-même, ce qu’il protège et comment ne pas le forcer : Mon adolescent ne veut pas parler, que faire.
Les motifs les plus fréquents
À l’adolescence, la souffrance emprunte rarement les mots des adultes. Voici sous quelle forme elle se présente le plus souvent.
Pour un adulte, la page correspondante est celle-ci ; pour un étudiant, celle-là.
Trois questions qui reviennent
À partir de quel âge recevez-vous ?
Combien de séances faut-il prévoir ?
Est-ce remboursé pour un mineur ?
Vous pouvez m’appeler dix minutes avant de fixer quoi que ce soit, pour me décrire la situation et décider ensuite.
Ce site n’est pas un service d’urgence. En cas de détresse immédiate, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert 24 h/24, ou le 15. Fil Santé Jeunes et les autres numéros d’écoute sont réunis sur une page dédiée.
Urgences et écoute