L’EMDR,
et quand je la propose
L’EMDR est une approche destinée aux suites d’un événement traumatique. Elle ne convient pas à tout, et je ne la propose pas à tout le monde. Cette page dit dans quels cas je l’utilise, pourquoi elle se travaille en présence, et ce que l’on sait réellement de son fonctionnement.
Le déroulement d’une séance n’est pas décrit ici. Il l’est en détail, étape par étape, dans l’article l’EMDR, concrètement, ça ressemble à quoi.
Dans quels cas je la propose
Toutes les situations où je propose cette approche ont un point commun : un événement précis, daté, que la mémoire n’a pas rangé. Pas un mauvais souvenir. Un souvenir qui revient comme s’il était en train de se produire, avec les images, les sons, l’odeur parfois, et la même réaction du corps qu’au moment des faits.
Un accident de la route. Une agression. Un accouchement qui a mal tourné. Un décès dont vous avez vu la scène. Une période de harcèlement. Il n’y a pas de hiérarchie des événements : ce qui compte n’est pas leur gravité vue de l’extérieur, mais ce qu’ils continuent de produire chez vous aujourd’hui.
Je la propose aussi quand un travail par ailleurs utile bute toujours sur le même point : un souvenir précis reste intact et bloque le reste. L’EMDR trouve alors sa place au milieu d’un suivi, plutôt qu’à son début.
Je reçois pour ce motif des adultes et des adolescents à partir de treize ans. Chez l’adolescent, la demande vient presque toujours d’un parent, et le premier travail consiste à vérifier que le jeune veut bien s’y engager.
Dans quels cas je ne la propose pas
L’EMDR n’est pas une méthode à tout faire. Je ne la propose pas pour une anxiété ancienne sans événement identifiable, pour un burn-out, ni pour l’estime de soi. Je travaille alors en thérapies cognitives et comportementales, qui portent sur ce qui entretient le problème au quotidien.
Je ne la propose pas non plus quand la situation difficile est encore en cours. Tant que vous vivez sous la menace, la priorité est votre sécurité et le fait de tenir, pas de retraverser quoi que ce soit. Nous commençons alors par autre chose, et nous verrons plus tard si ce travail a lieu d’être.
Il existe enfin des situations où cette approche demande des précautions, et se décide avec le médecin qui vous suit : une consommation qui a pris beaucoup de place, un traitement en cours d’ajustement, des périodes de dissociation importantes. Cela ne veut pas dire jamais. Cela veut dire pas tout de suite.
Si votre situation ne relève pas de cette approche, je vous le dis au premier rendez-vous, et je vous oriente. Cela fait partie du travail.
Pourquoi cela se travaille au cabinet
Je reçois en visioconférence pour d’autres motifs, et cela fonctionne bien. Pour l’EMDR, non, et c’est un choix que j’assume.
La première raison tient à ce que ce travail remue. Le corps réagit parfois fortement, et sans prévenir. Être dans la même pièce me permet de voir ce que l’écran ne montre pas, la respiration, les mains, la couleur du visage, et d’ajuster à la seconde.
La deuxième tient à la fin de la séance. Elle ne s’arrête pas comme on ferme un onglet : il faut un temps pour revenir. Au cabinet, vous avez ce temps, et vous descendez ensuite une rue, plutôt que de basculer d’un clic dans votre cuisine. Chez vous, rien ne garantit non plus que vous serez seul pendant cinquante minutes, ni que la connexion tiendra.
Comment je me suis formée à cette approche
Je suis psychologue clinicienne, titulaire d’un master 2 de psychologie clinique et psychopathologie de l’université Rennes 2. L’EMDR ne s’apprend pas dans ce cursus : c’est une formation complémentaire, réservée aux professionnels de santé mentale déjà habilités à recevoir des patients.
Elle se fait par niveaux successifs, avec des mises en situation supervisées entre chaque niveau, et elle ne s’arrête pas au dernier module : cette approche suppose une supervision régulière, à laquelle je participe.
Cela vaut d’être vérifié, chez moi comme ailleurs. Toute personne qui pratique l’EMDR devrait pouvoir dire où elle s’est formée et par qui elle est supervisée. Posez la question au téléphone : elle ne vexe personne.
Mon parcours et mon numéro d’enregistrement sont sur la page Hélène Marchand, le secret professionnel sur la page cadre et confidentialité.
Ce qui est établi, et ce qui ne l’est pas
Ce qui est établi
L’EMDR fait partie des approches recommandées par les autorités de santé, en France et à l’international, dans la prise en charge du trouble de stress post-traumatique. C’est la seule affirmation d’autorité que vous lirez sur cette page, et je la fais sans chiffre.
Les références précises, avec leur source et leur date, seront citées ici à la mise en ligne du site.
Ce qui ne l’est pas
Le mécanisme. On ne sait pas expliquer avec certitude pourquoi cette manière de travailler produit ce qu’elle produit. Plusieurs hypothèses coexistent, aucune n’est tranchée. Quand un site vous explique le fonctionnement de l’EMDR comme une évidence, il va plus vite que ce que l’on sait.
Ce qu’elle n’est pas, en revanche, se dit clairement. Ce n’est pas de l’hypnose : vous ne perdez pas le contrôle, vous ne dormez pas, et vous vous souvenez de tout ensuite. Ce n’est pas non plus un effacement de la mémoire. L’événement ne disparaît pas, et personne ne peut vous promettre qu’il disparaîtra. Ce qui peut changer, c’est la charge qu’il porte.
Enfin, aucun protocole ne garantit un résultat, celui-ci pas plus qu’un autre. Le nombre de séances varie selon les personnes et selon ce qui est travaillé.
Pour savoir comment se déroule une séance, minute par minute, l’article est écrit pour cela.
Ce site n’est pas un service d’urgence. En cas de détresse immédiate, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert 24 h/24, ou le 15. Les autres numéros d’écoute sont réunis sur une page dédiée.
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