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Hélène Marchand Psychologue clinicienne · Rennes
Les méthodes

Publié le 25 août 2026
Mis à jour le 25 août 2026

L’EMDR, concrètement, ça ressemble à quoi ?

Cet article décrit le déroulement d’une séance, minute par minute. La page L’EMDR dans ma pratique répond à une autre question : dans quels cas je propose cette approche, et dans quels cas je commence par autre chose. Les deux se lisent l’une après l’autre et ne disent pas la même chose.

Ce que vous cherchez vraiment à savoir

Quelqu’un vous a parlé de l’EMDR. Un médecin, une amie, un forum. Vous avez cherché, et vous êtes tombé sur des pages qui se ressemblent toutes : trois lignes sur les mouvements des yeux, une promesse rapide, et rien sur ce qui se passe réellement dans la pièce.

Alors les vraies questions restent entières. Est-ce que je vais devoir tout raconter, en détail, à quelqu’un que je ne connais pas ? Est-ce que je vais revivre la scène ? Est-ce que je vais perdre le contrôle devant cette personne ? Est-ce que je vais ressortir de là dans un état pire qu’en entrant, et devoir reprendre le bus comme si de rien n’était ?

Et derrière tout cela, une inquiétude plus discrète : est-ce que c’est sérieux, ou est-ce que cela relève d’autre chose.

Voici le déroulement réel, du premier rendez-vous jusqu’à la fin.

Avant

Une à trois séances
avant le retraitement.

Ce qui se passe avant la première séance de retraitement

L’EMDR ne commence pas par les mouvements oculaires. C’est le malentendu le plus courant.

Les premiers rendez-vous servent à autre chose. On regarde votre histoire, ce qui vous amène aujourd’hui, votre santé, votre entourage, votre sommeil. On repère ce qui pèse et depuis quand. Cela prend une séance, souvent deux ou trois.

Vient ensuite une étape que l’on saute rarement : la préparation. Vous apprenez à faire redescendre la tension par vous-même. On installe un endroit mental calme, choisi par vous, où vous pouvez revenir quand cela monte trop. On vérifie que vous pouvez faire une pause à tout moment, et on convient d’un signe, souvent lever la main, qui arrête tout, immédiatement.

Cette étape n’est pas un préliminaire administratif. C’est elle qui rend la suite tenable.

Enfin, on choisit une cible : un souvenir précis, l’image qui le représente le mieux, ce que vous vous dites de vous-même quand vous y pensez, et l’endroit du corps où cela se loge.

Votre part

Ce que vous avez à faire, et ce que vous n’avez pas à faire

Vous n’avez pas à tout raconter en détail. C’est le point qui rassure le plus les gens, et il est exact. L’EMDR travaille sur des images et des sensations, pas sur un récit complet. Vous pouvez dire « c’est l’image de la voiture, juste avant » sans décrire la suite. Le travail se fait quand même.

Vous n’avez pas non plus à commenter en direct ce qui vous traverse. On vous demandera régulièrement « qu’est-ce qui vient ? », et vous répondrez en une phrase, parfois en un mot. Parfois « rien de particulier ». C’est une réponse valable.

Ce que vous avez à faire est plus simple : laisser venir ce qui vient, sans le trier, sans chercher à bien faire, sans décider si c’est logique. Et dire quand cela devient trop.

Dans la pièce

Des séries courtes,
séparées par des pauses.

Les stimulations bilatérales, à quoi cela ressemble

Vous êtes assis, en face de la psychologue, un peu de biais. Vous restez habillé, éveillé, conscient de tout.

La forme la plus connue : je bouge deux doigts, ou une baguette, de gauche à droite devant vos yeux, et vous suivez le mouvement du regard sans bouger la tête. Cela dure une vingtaine de secondes, puis on s’arrête. Je vous demande ce qui est venu. Puis on repart.

D’autres formes existent, et elles sont utilisées aussi souvent. Des tapotements alternés sur les genoux ou sur les mains. Un son alterné dans un casque, à gauche puis à droite. De petits boîtiers vibrants tenus dans chaque main. Le choix se fait avec vous : certains supportent mal le mouvement des yeux, d’autres se sentent mieux les yeux fermés avec les vibrations.

Une série courte, une pause, une phrase, une nouvelle série. Une séance de retraitement dure plus longtemps qu’un entretien classique, et elle se termine toujours par un temps de retour au calme avant que vous ne repartiez.

Pendant

Ce que l’on ressent pendant

Cela varie beaucoup d’une personne à l’autre.

Souvent, les choses bougent toutes seules. Une image se déplace, devient plus lointaine, plus petite, moins nette. Un autre souvenir surgit, sans rapport apparent, puis prend sens. Des émotions montent : de la peur, de la colère, de la tristesse, parfois des larmes.

Le corps parle aussi. Une gorge serrée, une pression sur la poitrine, une envie de bouger les jambes, un froid. Ces sensations se déplacent au fil des séries, puis s’apaisent le plus souvent.

Et parfois il ne se passe presque rien. Ce n’est pas un échec, et cela ne veut pas dire que vous résistez.

Ce que l’on cherche, ce n’est pas d’oublier. Le souvenir reste. C’est qu’il cesse de vous envahir quand il remonte, et qu’il redevienne un souvenir parmi d’autres.

Les jours suivants

Le traitement continue
après votre départ.

Ce qui peut remonter après, et dans les jours suivants

Le traitement continue après votre départ. Il faut le savoir avant, pas après.

Dans les heures qui suivent, une fatigue est fréquente, parfois importante. Certaines personnes se sentent au contraire allégées. Les deux sont normaux.

Dans les jours suivants, d’autres souvenirs peuvent remonter. Les rêves peuvent devenir plus présents ou plus étranges. L’émotivité peut être plus vive pendant deux ou trois jours. Cela se calme en général de soi-même, et c’est aussi pour cela que l’on garde un carnet : vous notez en quelques lignes ce qui remonte, et cela sert de point de départ à la séance suivante.

Trois conseils pratiques : évitez de programmer une réunion difficile juste après, prévoyez de rentrer sans trop vous presser, et ne prenez aucune décision importante dans la foulée immédiate d’une séance.

Savoir si cette approche vous convient

La seule façon de le savoir est d’en parler. Je reçois à Rennes, et je propose un premier échange téléphonique de dix minutes pour poser vos questions avant de prendre rendez-vous. Si l’EMDR n’est pas indiqué dans votre situation, je vous le dirai, et nous verrons ce qui l’est.

Indications

Et les situations
où l’on commence autrement.

Dans quels cas c’est proposé, et dans quels cas ça ne l’est pas

L’EMDR a été développée pour les suites d’événements traumatiques. C’est là que son usage est le mieux établi, et elle fait partie des approches recommandées par les autorités de santé, en France et à l’international, dans la prise en charge du trouble de stress post-traumatique.

En pratique, elle est proposée après un accident, une agression, un deuil brutal, un accouchement difficile, une catastrophe, des violences, ou après une accumulation d’événements plus anciens dont l’effet se voit encore aujourd’hui. Le détail des situations concernées est décrit sur la page consacrée au psychotraumatisme.

Elle n’est pas proposée à tout le monde, ni tout de suite. On attend, ou on commence par autre chose, quand la situation dangereuse est encore en cours, quand l’état émotionnel est trop instable pour supporter le retraitement, quand des consommations d’alcool ou de produits prennent trop de place, quand un avis médical ou psychiatrique doit être demandé d’abord. Dans ces cas-là, le travail de stabilisation devient l’objectif, et il a sa valeur propre.

Une précision honnête sur son fonctionnement : les effets de l’EMDR sur le stress post-traumatique sont documentés, mais le mécanisme exact n’est pas tranché. Plusieurs hypothèses coexistent, et elles restent discutées entre chercheurs. Toute page qui vous explique en trois phrases certaines comment cela marche dans le cerveau va plus vite que ce que l’on sait.

Quand consulter

Quand consulter, et qui

Parlez-en à votre médecin traitant si le sommeil est très abîmé, si vous perdez du poids, si vous augmentez l’alcool ou les médicaments, ou avant d’entamer un travail sur un événement récent.

Voyez un psychiatre si les cauchemars et les reviviscences occupent vos journées, si un traitement se discute, ou si un épisode dépressif s’installe à côté.

Consultez un psychologue formé à cette approche quand un événement continue de s’imposer à vous des mois après, quand vous évitez des lieux, des gens ou des sujets pour ne pas y repenser, ou quand vous vous sentez à côté de votre vie depuis.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Faut-il tout raconter ?
Non. Vous nommez le souvenir et ce qu’il vous fait. Le détail du récit n’est pas nécessaire au travail.
Combien de séances ?
Cela dépend de l’événement, de son ancienneté et de ce qu’il y a autour. Aucun praticien sérieux ne vous donnera un nombre avant de vous avoir rencontré.
Est-ce que c’est de l’hypnose ?
Non. Vous êtes éveillé, présent, et vous pouvez arrêter la séance à tout moment.
Hélène Marchand

Psychologue clinicienne à Rennes.
N° ADELI : à compléter.
Publié le 25 août 2026. Mis à jour le 25 août 2026.

Pour aller plus loin : Combien de temps dure une thérapie, si la question du nombre de séances vous occupe. Et Psychologue, psychiatre, psychothérapeute : qui fait quoi, pour situer qui fait ce travail et avec quel titre.

Ce site n’est pas un service d’urgence et cet article ne remplace pas une consultation. En cas de détresse immédiate, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert 24 h/24, ou le 15. Tous les numéros utiles sont réunis sur la page Urgences et écoute.

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