L’événement est passé.
Il continue de revenir.
Quelque chose a eu lieu, et une partie de vous n’est pas encore sortie de ce moment. Ce n’est pas un défaut de courage, c’est la façon dont la mémoire réagit quand elle est débordée.
Cela revient sans prévenir. Une odeur, un bruit de freins, une porte qui claque, et vous y êtes de nouveau. Pas comme un souvenir que l’on se rappelle, plutôt comme une scène qui se rejoue, avec le cœur qui accélère et le corps qui se prépare.
Le reste du temps, vous évitez. Une rue, un rond-point, un couloir, une conversation, un film. Les évitements s’ajoutent les uns aux autres sans bruit, et le territoire se rétrécit sans que personne autour de vous s’en aperçoive.
Les nuits sont hachées. Vous sursautez pour rien, vous vous asseyez face à la porte, vous êtes fatigué d’être en alerte. À d’autres moments, c’est l’inverse : tout paraît lointain, comme derrière une vitre, et vous vous demandez ce qui ne tourne pas rond chez vous.
Presque tout le monde ajoute la même phrase : d’autres ont vécu bien pire. Cette phrase-là retarde souvent la consultation de plusieurs années.
Un souvenir qui n’a pas été rangé
Un souvenir ordinaire, même pénible, se raconte. Il est daté, il a un début et une fin, il appartient au passé. On peut y penser en restant dans le présent, et son intensité baisse avec le temps.
Un souvenir traumatique se comporte autrement. Il n’a pas été rangé au bon endroit. Il revient par morceaux, une image, une odeur, une sensation dans le corps, et il revient au présent : au moment où il surgit, votre organisme réagit comme si l’événement avait lieu maintenant. C’est pour cela que le temps seul ne suffit pas toujours.
Ce que ce n’est pas : une faiblesse, ni une question de gravité objective. Ce qui compte n’est pas ce qu’un observateur aurait pensé de la scène, mais ce que vous avez pu traiter sur le moment. Un accident, une agression, une annonce médicale, un accouchement difficile, du harcèlement, une scène dont on a seulement été témoin, tout cela peut laisser la même trace.
Ce n’est pas non plus quelque chose qui se conclut depuis un site. Cette page décrit, elle ne diagnostique pas.
Qui je reçois pour ce motif
Chez l’adulte
Beaucoup d’adultes viennent longtemps après. L’événement était rangé, la vie avait repris, puis quelque chose l’a rouvert : une naissance, un déménagement, une procédure judiciaire, un anniversaire de date, un enfant qui atteint l’âge que vous aviez. Vous n’avez pas rechuté et vous n’avez pas régressé. Un ancien souvenir a simplement été remis en circulation.
Consulter à l’âge adulteChez l’adolescent
Un adolescent raconte rarement, surtout à ses parents, et surtout s’il a honte. Ce qui se voit, c’est un changement net et daté : un refus d’aller à un endroit précis, des cauchemars qui reviennent, une chute brutale des résultats, une irritabilité nouvelle. Vous n’avez pas besoin de savoir ce qui s’est passé pour prendre rendez-vous. Je reçois l’adolescent seul, et ce qu’il me dit ne vous sera pas rapporté.
Ce que je peux faire avec votre adolescentCe que je ne propose pas sur ce motif
Vous remarquerez qu’il n’y a ici ni page étudiante, ni page à distance, alors que les autres motifs de ce site en ont une. Ce n’est pas un oubli. Je ne travaille pas le psychotraumatisme en visioconférence : une séance peut faire remonter des choses fortes, et il faut pouvoir rester ensemble dans la même pièce jusqu’à ce que tout soit reposé. Un écran ne le permet pas, et un écran qui se coupe encore moins.
Cela ne veut pas dire que je ne reçois pas d’étudiants pour ce motif. Cela veut dire que, sur ce sujet précis, le rendez-vous se prend au cabinet, avec le même tarif réduit qu’ailleurs.
Comment on travaille cela ici
On ne commence jamais par l’événement. Les premières séances servent à comprendre votre histoire, à repérer ce qui vous fait tenir, et à installer un moyen fiable de revenir au calme. Tant que ce moyen n’est pas là, on n’ouvre rien.
Ensuite vient l’EMDR. Vous gardez en tête une image, une sensation et une pensée liées au souvenir, pendant que votre attention est occupée par des mouvements des yeux ou par des stimulations alternées. Le souvenir se remet peu à peu à sa place, du côté du passé, et il perd de sa charge. Vous n’êtes pas obligé de tout raconter en détail pour que cela se fasse.
Ce que l’EMDR ne fait pas : il n’efface pas la mémoire, il ne rend pas indifférent, et ce n’est pas de l’hypnose. Ce n’est pas non plus un protocole garanti. Si cela ne convient pas à votre situation, nous travaillerons autrement, et je vous le dirai.
Combien de temps cela prend
Cela dépend surtout d’une chose : un événement unique et récent ne demande pas le même travail que des faits répétés sur des années. Dans le premier cas, le suivi est souvent court. Dans le second, il est plus long, et la phase de stabilisation y occupe une place importante avant même de commencer.
Je préfère ne pas annoncer de nombre de séances au premier rendez-vous. Nous fixons un objectif précis, nous faisons le point à intervalles réguliers, et vous restez libre d’arrêter.
Quand il faut voir un médecin en plus
Je suis psychologue, je ne suis pas médecin. Après un événement traumatique, plusieurs choses relèvent du médecin et pas de moi : un sommeil qui ne revient pas du tout, des douleurs, un arrêt de travail, un certificat, et toute suite médicale de l’événement lui-même.
Le psychiatre est un médecin spécialisé en santé mentale. Je vous orienterai vers lui si l’état est intense, s’il dure, si l’alcool ou autre chose est devenu le seul moyen de dormir, ou si votre sécurité est en jeu. Un traitement et un travail en séance ne s’opposent pas : ils ne visent pas la même chose, et l’un rend parfois l’autre possible.
Si vous avez des idées suicidaires, ne restez pas seul avec elles. Le 3114 répond à toute heure, gratuitement. Voir urgences et écoute.
Venir une première fois
La première séance dure cinquante minutes. Vous n’aurez pas à raconter l’événement ce jour-là si vous ne le souhaitez pas. On regarde d’abord où vous en êtes, et ce qui serait utile.
Vous pouvez m’appeler avant, dix minutes, pour poser vos questions sur l’EMDR avant de vous décider.
Quand l’alerte permanente a pris toute la place, voir aussi anxiété. Quand l’événement est un décès, voir deuil.
Ce site n’est pas un service d’urgence. En cas de détresse immédiate, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert 24 h/24, ou le 15. Les autres numéros d’écoute sont réunis sur une page dédiée.
Urgences et écoute