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Hélène Marchand Psychologue clinicienne · Rennes
Comprendre ce que je vis

Publié le 25 août 2026
Mis à jour le 25 août 2026

Crise d’angoisse : que faire sur le moment ?

Si vous avez mal dans la poitrine, appelez le 15. Une douleur au thorax, une gêne qui descend dans le bras ou la mâchoire, un essoufflement inhabituel : cela peut venir du cœur, et seul un médecin peut l’écarter. Si des idées de mort sont présentes, appelez le 3114. C’est gratuit, jour et nuit.

Urgences et écoute

D’abord une mise en garde, et elle est sérieuse

Si vous avez mal dans la poitrine, appelez le 15.

Une douleur au thorax, une gêne qui descend dans le bras ou la mâchoire, un essoufflement inhabituel : cela peut venir du cœur. Aucune page internet ne peut faire la différence. Moi non plus, à distance. Seul un médecin peut écarter une cause physique, après vous avoir examiné et, si besoin, après un examen du cœur.

Alors en cas de doute, vous appelez le 15. Vous ne dérangez pas. Ce service existe exactement pour trancher cette question, et il la tranche tous les jours.

Si des idées de mort sont présentes, appelez le 3114. C’est gratuit, jour et nuit.

Le reste de cet article suppose qu’un médecin a déjà écarté une cause physique, ou que vous allez le faire.

Pendant la crise

Trois gestes,
à faire maintenant.

Les gestes qui aident pendant la crise

Ils ne font pas disparaître la crise d’un coup. Ils l’accompagnent, et ils raccourcissent souvent le moment le plus dur.

1. Ralentir l’expiration. Asseyez-vous si vous le pouvez. Inspirez par le nez en comptant jusqu’à quatre. Soufflez par la bouche, lentement, en comptant jusqu’à six. L’important n’est pas de respirer plus, c’est de souffler plus longtemps que vous n’inspirez. Faites-le dix fois de suite, sans vérifier si cela marche.

2. Revenir dans la pièce. Nommez à voix basse cinq choses que vous voyez. Puis quatre choses que vous entendez. Puis trois choses que vous touchez : le tissu du fauteuil, le sol sous vos pieds, votre montre. Ce comptage occupe la tête, qui ne peut pas à la fois compter et fabriquer des scénarios.

3. Arrêter de lutter contre la crise. C’est le geste le plus contre-intuitif et le plus efficace. Dites-vous : c’est une vague, elle monte, elle redescend, je la laisse passer. Lutter, c’est ajouter de la peur à la peur, et la peur est justement le carburant.

Un détail concret : desserrez ce qui serre, col, ceinture, écharpe. Buvez quelques gorgées d’eau fraîche. Restez là où vous êtes plutôt que de fuir le lieu, si c’est possible.

Ce que vous vivez

Ce que vous êtes en train de vivre

Cela commence souvent sans prévenir. Le cœur s’emballe. La respiration devient courte et vous avez le sentiment de manquer d’air. Les mains picotent, parfois les lèvres. La tête tourne. Une chaleur monte, ou au contraire vous vous mettez à trembler.

Et surtout, il y a cette pensée : je suis en train de mourir, ou je vais devenir fou, ou je vais m’effondrer devant tout le monde.

Le monde devient bizarre. Les sons arrivent comme à travers du coton. Vous vous regardez de l’extérieur, comme si ce n’était pas tout à fait vous.

Puis cela redescend. Et il reste une fatigue énorme, une sorte de vide, et une question qui ne vous lâche plus : est-ce que ça va recommencer.

Le mécanisme

Une alarme qui se déclenche
sans danger devant vous.

Ce qui se passe dans le corps

Votre organisme dispose d’un système d’alarme très ancien, prévu pour le danger réel. Quand il se déclenche, il prépare le corps à courir ou à se battre. Le cœur accélère pour envoyer du sang aux muscles. La respiration s’accélère. Les sens deviennent plus aigus.

Dans une crise d’angoisse, cette alarme se déclenche alors qu’il n’y a pas de danger devant vous. Le programme, lui, se déroule quand même, en entier.

L’accélération de la respiration explique une bonne partie du reste. En respirant vite, on rejette trop de gaz carbonique. Cela donne les fourmillements, la tête légère, parfois les mains qui se crispent. Ces sensations sont impressionnantes et elles ne sont pas dangereuses en elles-mêmes.

Pourquoi cela ressemble à un problème cardiaque ? Parce que le système d’alarme agit d’abord sur le cœur et sur le souffle. Les sensations se ressemblent, et c’est précisément pour cela que la question ne se règle pas seul, avec une liste de critères trouvée en ligne. Elle se règle avec un médecin.

Reste le cercle. Vous avez vécu une crise. Vous avez eu très peur. Alors votre attention se met à surveiller votre corps en permanence. Le moindre battement un peu rapide est repéré, interprété comme le début d’une nouvelle crise, et cette interprétation déclenche l’alarme. C’est la peur d’avoir peur. Elle est ce qui transforme un épisode isolé en quelque chose qui s’installe.

Après la crise

Trois choses
dans les jours qui suivent.

Ce que vous pouvez faire, maintenant que c’est passé

Écrire ce qui s’est passé, tant que c’est frais. Prenez cinq minutes. Notez l’heure, l’endroit, ce que vous faisiez juste avant, la première sensation apparue, ce que vous vous êtes dit. Faites-le après chaque épisode. Au bout de trois ou quatre fois, un déclencheur se dessine souvent : un lieu, un moment de la journée, une conversation, une nuit trop courte. Ce carnet est aussi ce que vous apporterez au premier rendez-vous.

Prendre rendez-vous chez votre médecin traitant. Même si vous êtes convaincu que c’était l’angoisse. Un examen clinique, et la phrase « votre cœur va bien » dite par quelqu’un qui vous a examiné, retirent une charge que trois heures de lecture sur internet n’enlèveront jamais.

Ne pas laisser l’évitement s’installer. Si la crise est arrivée dans le métro, dans un supermarché ou sur la rocade, la tentation est de ne plus y aller. À court terme, cela soulage. À moyen terme, cela agrandit la zone interdite, mois après mois. Retournez-y tôt, accompagné si besoin, et pour un temps court au début.

Vous pouvez en parler à quelqu’un

Si ces crises reviennent, un travail avec un psychologue sert à comprendre ce qui les déclenche et à réapprendre au corps qu’il n’est pas en danger. Je reçois des adultes à Rennes pour cela, et je propose un premier échange téléphonique de dix minutes, sans engagement, pour voir si cela a du sens dans votre situation.

Quand consulter

Et qui appeler
en premier.

Quand consulter, et qui

Votre médecin traitant, en premier. Toujours après une première crise, et à chaque fois qu’un symptôme physique nouveau apparaît. C’est lui qui écarte une cause médicale et qui coordonne la suite.

Le 15 ou les urgences. En cas de douleur dans la poitrine, de malaise avec perte de connaissance, de difficulté respiratoire qui ne cède pas, ou simplement de doute sur ce qui vous arrive.

Le 3114. Si des idées suicidaires sont là, à n’importe quelle heure.

Un psychologue. Quand les crises se répètent, quand vous passez vos journées à guetter la suivante, quand vous commencez à éviter des lieux ou des situations, ou quand une seule crise a laissé une trace qui ne s’efface pas.

Un psychiatre. Si les crises sont fréquentes, si un traitement se discute, si un épisode dépressif s’installe à côté, ou si votre médecin traitant vous y oriente. Voir un psychiatre n’est pas un échec, c’est un autre outil.

Une crise isolée dans une période chargée arrive à beaucoup de monde et ne signe rien. Ce qui compte, c’est ce qui vient après : si la peur d’une nouvelle crise organise votre vie, alors il y a quelque chose à travailler, et cela se travaille bien.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Est-ce qu’on peut mourir d’une crise d’angoisse ?
La crise d’angoisse elle-même n’est pas dangereuse pour le cœur. Mais des symptômes qui se ressemblent peuvent avoir d’autres causes, et cela, seul un médecin peut le vérifier. En cas de doute, appelez le 15.
Combien de temps ça dure ?
Le sommet passe généralement en quelques minutes, même si cela paraît beaucoup plus long. La fatigue qui suit, elle, peut durer plusieurs heures.
Je n’ai eu qu’une seule crise, dois-je consulter ?
Voyez votre médecin traitant pour le versant physique. Pour le reste, la vraie question est de savoir si cette crise continue de vous occuper l’esprit. Si oui, un ou deux rendez-vous suffisent parfois à éviter que cela s’installe.
Hélène Marchand

Psychologue clinicienne à Rennes.
N° ADELI : à compléter.
Publié le 25 août 2026. Mis à jour le 25 août 2026.

Pour aller plus loin : Comment savoir si j’ai besoin de consulter, si vous hésitez encore à franchir la porte. Et Psychologue, psychiatre, psychothérapeute : qui fait quoi, pour savoir à qui s’adresser d’abord.

Ce site n’est pas un service d’urgence et cet article ne remplace pas une consultation. En cas de détresse immédiate, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert 24 h/24, ou le 15. Tous les numéros utiles sont réunis sur la page Urgences et écoute.

Urgences et écoute