Psychologue, psychiatre, psychothérapeute : qui fait quoi ?
Vous avez fini par vous dire que vous alliez consulter. C’est déjà le plus difficile. Puis vous tapez votre recherche, et trois mots arrivent en même temps. Psychologue. Psychiatre. Psychothérapeute. Ils se ressemblent, et ils ne disent pas la même chose. Vous demandez autour de vous, et chacun répond autre chose. Une amie vous dit que le psychiatre, c’est pour les cas lourds. Votre mère vous dit que le psychologue, ce n’est pas remboursé. Sur un forum, quelqu’un raconte qu’un praticien l’a beaucoup aidé, sans qu’on comprenne de quel métier il s’agit. Alors vous refermez l’onglet. Vous verrez ça le mois prochain. Le mois prochain arrive, avec la même question et la même fatigue à l’idée de trier. Ce tri fait perdre des mois à beaucoup de gens. Il devrait prendre dix minutes.
Trois métiers, trois cadres
Ces trois mots ne désignent pas trois degrés de gravité. Ils désignent trois formations, et trois cadres légaux différents.
La psychologue
La formation est universitaire. Il faut un master de psychologie, soit cinq années d’université après le baccalauréat, avec des stages en institution. Le titre est protégé par la loi. Cela veut dire deux choses très concrètes. Personne ne peut se dire psychologue sans ce diplôme. Et le professionnel est enregistré auprès des autorités de santé, avec un numéro qui figure sur une liste consultable. Ce numéro s’appelle encore souvent le numéro ADELI, et il bascule progressivement vers le RPPS. Vous avez le droit de le demander.
Une psychologue ne prescrit pas de médicament. Elle ne délivre pas d’arrêt de travail. Son outil, c’est l’entretien, et les méthodes de psychothérapie dans lesquelles elle s’est formée.
Côté remboursement, la consultation en cabinet libéral n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie comme l’est une consultation de médecin. Il existe un dispositif public qui permet la prise en charge d’un certain nombre de séances chez un psychologue partenaire, et beaucoup de mutuelles remboursent un forfait annuel. Ce dispositif a déjà changé de nom et de règles plusieurs fois : vérifiez ce qui s’applique à la date où vous lisez ces lignes. Le détail figure sur la page tarifs et remboursement.
Le psychiatre
Le psychiatre est un médecin. Il a fait des études de médecine complètes, puis une spécialisation en psychiatrie. Son titre est protégé comme tous les titres médicaux.
Parce qu’il est médecin, il prescrit. Antidépresseurs, anxiolytiques, traitement du sommeil, arrêt de travail, examens complémentaires, hospitalisation quand elle est nécessaire. Il pose un diagnostic et suit un traitement dans la durée.
Côté remboursement, la consultation est prise en charge par l’Assurance maladie, avec la part complémentaire de votre mutuelle. Certains psychiatres pratiquent des dépassements d’honoraires. Demandez le tarif au moment de la prise de rendez-vous.
Beaucoup de psychiatres font aussi de la psychothérapie. D’autres consacrent la consultation au traitement et travaillent en binôme avec un psychologue. Posez la question au premier appel.
Le psychothérapeute
C’est le mot qui embrouille le plus, parce qu’il désigne une pratique et non un métier de départ. Le titre de psychothérapeute est lui aussi protégé par la loi. Pour le porter, il faut une formation en psychopathologie clinique, un stage professionnel, et une inscription sur le registre national.
Dans les faits, la plupart des personnes qui portent ce titre sont d’abord psychologues ou psychiatres. Le mot décrit donc surtout ce qu’elles font : un soin par la parole, structuré par une méthode, avec un objectif et un rythme.
Les titres que rien ne contrôle
Vous croiserez d’autres mots : coach, praticien en développement personnel, hypnothérapeute, sophrologue, thérapeute tout court. Ces appellations ne sont pas protégées par la loi. Elles peuvent être employées par n’importe qui, quelle que soit sa formation.
Cela ne veut pas dire que ces personnes ne servent à rien. Beaucoup sont sérieusement formées, travaillent avec soin et aident réellement les gens qu’elles reçoivent. Ce qui change n’est pas la valeur de la personne, c’est le cadre autour d’elle.
Quatre choses existent d’un côté et pas de l’autre. Un diplôme d’État vérifiable. Un numéro d’enregistrement public. Un code de déontologie, et donc un recours si quelque chose se passe mal. Une place reconnue dans le système de soins, dont dépend le remboursement.
La règle simple : pour un objectif précis et ponctuel, le titre protégé n’est pas indispensable. Pour une souffrance qui dure, qui vous empêche de dormir ou de travailler, prenez l’avis d’un professionnel dont le titre est protégé. Le détail de ce cadre est sur la page cadre et confidentialité.
Lequel voir, pour quel motif
La ligne de partage est simple. La psychologue, c’est pour comprendre et travailler quelque chose dans la durée : une anxiété qui prend de la place, un épuisement professionnel, un deuil, un événement qui ne passe pas, une période où vous ne vous reconnaissez plus. Le psychiatre, c’est quand la question médicale passe au premier plan : un traitement à mettre en place ou à ajuster, un arrêt de travail, des idées noires, un sommeil qui ne tient plus depuis des semaines.
Et vous pouvez voir les deux en même temps. Ce n’est pas contradictoire, c’est même fréquent. Le psychiatre suit le traitement et la partie médicale, la psychologue travaille avec vous ce qui vous amène, séance après séance. Les deux professionnels peuvent échanger si vous le souhaitez, et seulement si vous le souhaitez.
Ce que vous pouvez faire maintenant
Vérifier un titre en trois minutes. Sur la page du professionnel, cherchez trois éléments : l’intitulé exact du diplôme, l’université et l’année, puis le numéro d’enregistrement. Si l’un des trois manque, demandez-le par téléphone. Un professionnel au titre protégé répond sans se froisser, et une réponse floue est en soi une réponse.
Mettre par écrit ce qui vous amène. Prenez une feuille et écrivez cinq lignes, sans vous relire, sur ce qui ne va pas en ce moment. Relisez-les ensuite et entourez les mots qui parlent du corps : sommeil, poids, fatigue, palpitations, douleurs. S’il y en a plusieurs, commencez par votre médecin traitant, qui écartera une cause physique avant tout le reste.
Préparer le premier appel. Trois questions suffisent. Recevez-vous des personnes dans ma situation ? Quel est le tarif, et que puis-je espérer en remboursement ? À quel rythme travaillez-vous ? Vous saurez en quelques minutes si la personne vous convient.
Un premier échange téléphonique de dix minutes permet de savoir si je suis la bonne interlocutrice, ou si c’est un médecin qu’il vaut mieux voir d’abord. Ce temps n’est pas facturé et n’engage à rien. Vous pouvez aussi lire mon parcours et mes formations avant de décider quoi que ce soit.
Quand consulter, et qui
Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant en premier si votre corps est en cause : sommeil effondré, perte ou prise de poids rapide, fatigue qui ne cède pas au repos, douleurs inexpliquées. Il écarte une cause physique et vous oriente ensuite.
Allez voir un psychiatre, ou demandez à votre médecin de vous y adresser, si vous avez des idées noires, si vous ne parvenez plus à assurer votre travail ou vos études, ou si un traitement en cours ne vous convient pas.
Prenez rendez-vous avec une psychologue dès que ce que vous vivez dure depuis plusieurs semaines et pèse sur votre quotidien. Aucune ordonnance n’est nécessaire.
Questions fréquentes
Est-ce que je dois passer par mon médecin traitant avant de voir une psychologue ?
Une psychologue peut-elle me prescrire quelque chose ou m’arrêter ?
Je me trompe si je commence par la psychologue ?
Sur le même sujet, Avant de consulter : comment savoir si j’ai besoin de consulter un psychologue et combien de temps dure une thérapie.
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